vendredi 16 mars 2018

Sylvain Atelier Galerie


Extrait du carnet d'écrivain de Jean-Paul Beaumier

J'ai retrouvé des liens de parenté entre le travail d'écrivain et celui d'artiste peintre.



Écrire s'apparente au travail du mineur qui chaque jour s'enfonce dans les entrailles de la terre avec l'espoir d'en extraire autre chose que de la gangue. Chaque jour, l'écrivain entre à l'intérieur de lui, descend lentement chacun des palliers en s'habituant peu à peu à la pénombre, en évitant les écueils afin de poursuivre le travail amorcé la veille, sans plus de certitude. À tâtons, il repère les passages souterrains et s'y engage de nouveau. Certaines galeries ne mèneront nulle part, il le sait d'expérience, mais comment en être sûr avant de s'y être engagé et de les avoir creusées? D'autres feront miroiter la promesse d'un filon inépuisable avant de se révéler aussi stérile qu'un mirage. Parfois, quelques chose brille dans le noir, une faible lueur efface en vain l'obscurité. L'écrivain redouble alors d'ardeur. Chacun des mots livrés à la lumière produit un éblouissement.

Chaque écrivain fore son propre univers, qui explorera le plus souvent seul sa vie durant. Chaque fois qu'un écrivain meurt, c'est une mine qui est à jamais condamnée.

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Que ressent le mineur lorsque, après son quart de travail, il ne ramène rien qui vaille à la surface?  A-t-il quand même le sentiment du devoir accompli  Éprouve-t-il quelque satisfaction ? Que cache toute cette suie qui masque son visage? 

Merci, Jean-Paul, pour cette belle analogie!

Extrait du carnet littéraire, L'esprit tout en arrière de Jean-Paul Beaumier, Lévesque éditeur 

jeudi 1 mars 2018

Philadelphie et la Fondation Barnes

Un musée à visiter vraiment exceptionnel!